Rassemblement des syndicalistes pour le non
Vendredi 27 mai
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  • Appel de syndicalistes contre le projet de traité constitutionnel

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    appeldes500@ras.eu.org

  • lundi 23mai 2005

    PARIS, 23 mai (Reuters)
    Près de 6.000 syndicalistes appellent à voter "non" dimanche au référendum sur la Constitution européenne, une position qui s'inscrit, disent-ils, "dans la poursuite de leurs mobilisations contre les politiques libérales que le traité entend constitutionnaliser".
    "Le repli hexagonal n'est pas notre horizon. Nous n'avons peur ni des travailleurs roumains, ni des Lettons, ni même des Chinois. Nous sommes tous embarqués dans la même galère et nous entendons bien ramer ensemble", déclarent-ils dans un communiqué publié lundi.
    A l'inverse, ils se prononcent pour "cette Europe que tous les forums sociaux européens, de très nombreux syndicats en France et en Europe savent indispensable pour qu'existent enfin à l'échelle de ce nouveau territoire une fiscalité, des droits sociaux, des services publics".
    "Qui peut douter qu'une victoire du 'oui' le 29 mai serait vécue comme la confirmation qu'aucune autre politique que celle menée depuis 25 ans par les libéraux n'est possible ? Tandis qu'une victoire du 'non' sera un encouragement et un nouveau souffle peut-être décisif pour tous ceux qui se battent", soulignent-ils.
    Ces syndicalistes appartiennent à la CGT, à Solidaires, à la FSU, à l'Unef mais aussi à l'Unsa et à la CFDT, deux organisations dont les instances dirigeantes se sont officiellement prononcées en faveur de la Constitution européenne.
    Ils ont signé l'appel à vote "non" lancé fin avril par 500 cadres syndicalistes du public et du privé, responsables de fédérations, de branches ou d'unions départementales. /DR


    mercredi 27 avril 2005
    Libération
    Par Hervé NATHAN
    http://www.liberation.fr/page.php?Article=292534
    500 syndicalistes appellent à voter non. Ils appartiennent à la CGT, l'Unsa, la FSU, la CFDT, Solidaires et l'Unef.
    La campagne pour le référendum revient à la case syndicale, un peu abandonnée depuis la décision de la CGT, en février, de rejeter le traité constitutionnel. Hier, 500 syndicalistes appartenant à la CGT, l'Unsa, la FSU, CFDT, Solidaires et l'Unef ont lancé un appel à voter non le 29 mai. L'appel rassemble pour l'essentiel des cadres syndicaux. Une sorte de condensé de la gauche syndicale, en rupture avec le «néolibéralisme».
    «Au nom de (leur) engagement pour les droits des salariés», ces syndicalistes appellent donc à voter contre la Constitution, alors qu'aucune centrale syndicale, y compris celles qui ont émis un avis négatif sur la question, n'a donné de consigne de vote. «Ce texte est incompatible avec les exigences démocratiques et sociales d'un syndicaliste, avec les exigences des salariés européens, estime Michel Pilichowski, responsable de la métallurgie CGT. Nous ferons notre possible pour qu'il soit rejeté.» Les instigateurs de l'appel comptent réunir rapidement entre 5 000 et 10 000 signatures parmi les militants et les salariés, et organiser des débats dans les entreprises, publiques et privées, et les administrations. «Ce n'est pas si simple, explique Annick Coupé (Solidaires). Dans le (secteur) privé, les réunions sont souvent interdites ; et dans l'administration, on rappelle les fonctionnaires à un soi-disant devoir de réserve.»
    Jean-Michel Drevon (FSU) regrette que «les syndicalistes soient absents du débat. On nous dit souvent : "De quoi vous mêlez-vous ?" Or, la Constitution, l'Europe sociale font partie de notre champ de responsabilités». Et de noter la corrélation entre le mouvement social et le débat sur le traité : «Le basculement du oui vers le non dans les sondages s'est produit juste après la journée d'action intersyndicale du 10 mars sur les rémunérations. Il y a donc un lien entre la bataille pour les salaires, pour les services publics, pour la recherche et l'enseignement, et la bataille du référendum.»
    Pour les initiateurs de l'appel, le combat est loin d'être gagné : «Le débat va se tendre dans les jours à venir», prédit l'un d'eux. Et si le non l'emporte ? «On aura un grand souffle d'air», espère Jean-Michel Drevon. Avant de conclure, réaliste : «Mais ensuite, tout restera à faire pour construire une Europe sociale.»

    L'Humanité
    Par Thomas Lemahieu
    http://www.humanite.presse.fr/journal/2005-04-27/2005-04-27-633282
    Des syndicalistes dans la bataille du « non »
    « Il s’agit par le bulletin de vote de prolonger nos actions syndicales quotidiennes et d’exprimer notre volonté d’une autre Europe. » Un camouflet infligé au ronron politique et médiatique des partisans du « oui » selon lesquels, hormis une poignée de « moutons noirs » (Jacques Chirac dixit) et contre l’évidence en France au moins, le syndicalisme approuverait unanimement le projet néolibéral de constitution européenne... « amplifier la dynamique unitaire » « Contrairement à ce que laissent entendre certains, les syndicalistes sont majoritairement contre le traité constitutionnel européen, et nous allons le démontrer », lance Christian Pilichowski (CGT), un des initiateurs, avec Jean-Michel Drevon (FSU) et Pierre Khalfa (Solidaires), de l’appel de 500 syndicalistes contre le projet de traité constitutionnel (lire le texte de l’appel ci-dessous), rendu public hier matin lors d’une conférence de presse. « Chacune de nos organisations a débattu, publié, diffusé des textes, des analyses sur le projet de traité constitutionnel européen et émis, chacune à sa manière, une opinion claire de rejet de cette proposition, explique encore le syndicaliste CGT dans la métallurgie. Pour ma part je m’en satisfais, si ce n’est que le document de positionnement de mon organisation mériterait une diffusion et une appropriation plus larges. C’est donc dans cette perspective que je me suis associé à cette initiative, pour faire entendre une expression syndicale opposée au projet soumis au référendum. Nous nous situons dans le prolongement du travail des organisations syndicales et à titre individuel, nous appelons les syndicalistes à s’engager plus encore dans le débat sur les enjeux européens. Il s’agit d’une mobilisation pour le rejet du projet de constitution européenne le 29 mai sur la base des valeurs de référence du mouvement syndical. Sa portée provient de son caractère plurisyndical et multiprofessionnel. » « Nos organisations ont toutes pris position, mais on voit bien que, dans les débats qui se mènent, les syndicalistes sont assez absents, estime de son côté Jean-Michel Drevon. Or il nous semble essentiel que des syndicalistes participent en tant que tels aux débats... Pour nous, il y a bel et bien un lien entre les batailles que l’on mène sur l’éducation, la recherche, les services publics et les politiques constitutionnalisées dans ce projet. On ne peut plus laisser dire qu’il y aurait 75 millions de syndicalistes favorables au "oui" à la constitution en Europe, car, si le débat avait lieu dans toute l’Union comme il a lieu pour le moment en France, une très grande majorité de syndicalistes en Europe refuseraient sans aucun doute ce traité comme ils le font en France. » Pour Pierre Khalfa, il s’agit bien, avec cet appel de 500 syndicalistes, d’« amplifier la dynamique unitaire qui est aujourd’hui à l’oeuvre autour du "non" ». un appel à caractère multiprofessionnel En une quinzaine de jours, cet appel a déjà recueilli des centaines de signatures émanant de responsables syndicaux, pour l’essentiel, de fédérations, de branches ou d’unions départementales, et de la plupart des organisations syndicales françaises (CGT, FSU, Solidaires, CFDT, UNSA, UNEF et Confédération paysanne). « pour essaimer dans le public et le privé » « Nous attendons de cet appel qu’il recueille le plus de signatures d’envergure nationale, mais aussi, partout où ce n’est pas encore le cas, qu’il essaime dans les entreprises publiques ou privées, dans les territoires et les bassins d’emploi, explique encore Christian Pilichowski. Nous appelons à une dynamique de débats et de prises de contacts pour convaincre à partir du vécu de chacun dans son emploi de la nécessité de changer de logique. »
    Parmi les signataires, on trouve entre autres : Brigitte Allain (Confédération paysanne), Verveine Angeli (SUD-PTT), Danielle Atlan (SNUAS-FP-FSU), Alain Beitone (UNSA), Thierry Bodin (CGT, chimie), Sylvain Bremond (CFDT, Cadarache), Georges Cantan (UD CGT d’Eure-et-Loir), Hubert Caron (Confédération paysanne), Raphaël Chambon (UNEF), Jean-Christophe Chaumeron (CGT, finances), Jean-Jacques Chavigne (CFDT, Cadarache), Annick Coupé (Solidaires), Bruno Dalberto (CGT transports), Noël Daucé (SNU-ANPE/FSU), Claude Debons (CGT transports), Anne Delbende (UNEF), François Desanti (CGT chômeurs), Pierre Duharcourt (FSU), Jean Fabbri (SNESUP-FSU), Jean-Louis Grégoire (CGT, finances), Gérard Gourguechon (SNUI), Gaby Hauet (CFDT, métallurgie), Jean Magniadas (CGT), Christian Mahieux (SUD Rail), Claude Michel (CGT Spectacle), René Mouriaux (FSU), Jean-Michel Nathanson (Solidaires), Christophe Piercy (CFDT, Peugeot), Serge Truscello (CGT, Bosch), Jean-Jacques Vayssières (UNSA), Jean Voirin (CGT Spectacle)...

    NOUVEL OBS
    http://permanent.nouvelobs.com/politique/20050426.OBS5143.html
    500 syndicalistes appellent à voter non
    Membres de différentes organisations syndicales, tous secteurs confondus, ils jugent le texte "incompatible avec les intérêts des salariés européens".
    L e camp du "non" reçoit une vague de soutien du monde syndical français. Quelque 500 militants de la FSU, de la CGT, de Sud, ou encore de l'UNSA et de la CFDT ont officiellement lancé mardi 26 avril un appel à rejeter le projet de traité de Constitution européenne, notamment accusé de faire la part belle à l'ultra-libéralisme. "Syndicalistes, nous sommes quotidiennement confrontés, en France et en Europe, aux conséquences d'une politique européenne basée sur le seul principe d'une économie de marché ouverte où la concurrence est libre et non faussée. C'est ce principe que le projet de traité soumis au référendum entend constitutionnaliser", dénoncent les signataires qui présentaient leur appel mardi en fin de matinée lors d'une conférence de presse à Paris. "En janvier pour défendre les services publics, en février et en mars pour l'emploi, la réduction du temps de travail et les salaires, nous avons défilé ensemble pour nos revendications. A Bruxelles le 19 mars, nous avons manifesté pour une Europe du plein emploi, des droits, et de la solidarité entre les peuples" rappellent-ils.
    "Pas de droit social européen"
    Selon eux, "l'intégration de la charte des droits fondamentaux, si elle peut apparaître comme un premier pas pour la prise en compte par l'Union européenne des questions sociales, ne crée cependant pas de droit social européen susceptible de rééquilibrer le droit de la concurrence. Celui-ci restera donc le seul droit de nature communautaire et continuera donc à régir la vie de l'Union". Les signataires se disent "partisans résolus d'une Europe mobilisée contre le chômage, la précarité et la dégradation des cadres de vie", et, pour cela, "convaincus que le rejet du projet de traité constitutionnel est aujourd'hui la condition pour que cette Europe voit le jour". Selon eux en effet, "ce rejet donnerait un nouveau souffle à tous ceux qui veulent construire une société plus juste et plus solidaire". "Il s'agit par le bulletin de vote de prolonger notre action syndicale quotidienne" a précisé le militant cégétiste Christian Pilichowsky qui présentait l'appel mardi matin aux côtés d'autres syndicalistes. "Nous attendons de cet appel qu'il recueille le plus de signatures d'envergure nationale, et qu'il essaime dans les entreprises".
    "Pour un monde plus juste"
    Les militants à l'origine de l'appel précisent aussi qu'ils agissent non pas comme porte-parole d'une organisation mais "en tant que syndicalistes, c'est-à-dire en tant que femmes et hommes engagés quotidiennement dans la défense des droits des salariés et dans le combat pour un monde plus juste et solidaire". Car si la CGT, la FSU ou encore Sud se sont officiellement prononcés contre le projet de traité, les signataires issus de la CFDT et de l'UNSA prennent le contre-pied de leurs organisations syndicales respectives qui, elles, soutiennent la Constitution européenne. Et si la Confédération européenne des syndicats (CES) a elle-même pris fait et cause pour le projet de traité, les signataires de l'appel affirment que la base du monde syndical européen est "majoritairement opposée à cette Constitution". Et ils entendent bien en faire la démonstration, au moins en France.